EDITORIAL

A l'heure où Daniel Cordier, dernier secrétaire de Jean Moulin dont on connait la triste fin suite à la dénonciation du sinistre René Hardy, vient de déisparaître, j'apprends, avec effarement qu'un "syndicat" dont le but affiché est de défendre les intérêts des professionnels visés par son objet social, joue contre son camp.
Ainsi, les maires de plusieurs communes françaises ont reçu, signée par la présidente du Snpcc, un courrier par lequel celle-ci dénonce à l'édile une toiletteuse ou un toiletteur qui poursuivrait son activité, au mépris des dispositions, dit-elle, du décret n° 2020-1310 du 29 octobre 2020 modifié.
Avant de procéder à des actes de délation, il conviendrait aux responsables d'une organisation professionnelle digne de ce nom :
- d'apprendre à lire et comprendre un texte réglementaire ;
- prendre en considération ce que disent d'autres organisations professionnelles, des chambres de commerce, des chambres des métiers et de l'artisanat, des cabinets d'avocats réputés et surtout, de nombreux préfets.
A la place de la présidente de ce syndicat, j'aurais analysé les arguments, très développés, des uns et des autres avant de formuler une position aussi définitive, surtout lorsque des fonctionnaires d'autorité se sont exprimé.
Depuis le mois de mars nous avons le même discours. Je n'ai modifié ma position qu'après publication de décret n° 2020-1331 du 2 novembre 2020 qui proscrit l'exercice des activité au domicile des clients. La dernière version des activités autorisées est donc notre article du 3 novembre 2020 puisqu'il traite de l'interdiction de prestations à domicile.
J'ai été en relation avec une toiletteuse, objet de cette délation. Dans ce cas d'espèce, la professionnelle s'était adressée au maire en raison des sons de cloches divergents, démarche non-nécessaire à mon avis car susceptible de s'exposer à un éventuel refus. Elle m'a assuré que le maire l'avait informée de la démarche de de syndicat mais avait décidé de n'y donner aucune suite.
Procédures par Internet
Une adhérente m'a communiqué le courrier d'une plainte effectuée sur le site gouvernemental de la consommation, dénonciation anonyme, bien entendu. Il se trouve que ce professionnel a obtenu de sa préfecture une autorisation nominative à accueillir du public. Nous vous recommandons de ne pas prêter attention à ces démarches anonymes, mais de tenter de connaître l'identité des délateurs.
| Si la présidente de ce syndicat était si sûre d'elle, ce n'est pas aux professionnels qu'elle devrait s'en prendre, mais à ceux qui permettent que cette situation existe (syndicats, préfets, maires, organismes consulaires, avocats, etc.) mais, peut-être, la marche est-elle trop haute. Et plutôt que d'agir comme elle le fait elle doit faire appel à la justice envers tous ceux qui ont une interprétation différente de la sienne. |
Dans des messages rageurs ce syndicat prétend avoir obtenu l'arbitrage du gouvernement ; il n'en n'est rien puisqu'une question mal posée ne peut obtenir qu'une mauvaise réponse comme c'est le cas dans la rubrique Questions/réponses sur le site officiel du Gouvernement. Le Gouvernement n'a pas plus répondu au SYNAPSES qui a clairement annoncé la couleur, qu'au Snpcc qui ne publie rien, si ce ne sont, des anathèmes.
Il est déplorable d'une organisation professionnelle qui prétend défendre les intérêts des professionnels n'utilisent pas tous les arguments disponibles pour convenir que le maintien de l'activité est possible mais préfère faire miroiter des aides financières, que tôt ou tard, les contribuables devront éponger, sans compter que, dans cette hypothèse, il saborde les jeunes entreprises qui, faute d'antériorité, ne pourront revendiquer aucune prestation compensatoire.
En matière de concurrence déloyale prétendue, il y a une réelle concurrence déloyale que le Snpcc s'honorerait à combattre, celle des éleveurs clandestins.
J'espère qu'après ce malheureux épisode sanitaire, les professionnels sauront identifier ceux qui les défendent et ceux qui veulent les enfermer dans une logique suicidaire - et ils sont nombreux si on y inclue les internautes partisans ou administrateurs de pages ou de groupes sur les réseaux sociaux - ou, peut-être, pour assouvir une ambition personnelle, ce que laissent percevoir des messages accusatoires, haineux ou diffamatoires.
Merci de votre attention.
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Luc LADONNE (*)
Président du SYNAPSES
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