Une nouvelle fois des associations dites de protection animale défient les lois communautaires et françaises et tentent de manipuler l'information.
Le lundi 13 juillet 2020, les douanes françaises ont contrôlé un véhicule immatriculé en Slovaquie, lequel transportait des chiots à destination de l'Espagne. Cette inspection, tout à fait normale au regard des réglementations européenne et nationale a amené la douane française et la DDCSPP du Haut-Rhin à vérifier les documents d'accompagnement (passeport des animaux, vaccinations obligatoires, agrément de transport et du véhicule, déclaration de mouvement TRACES, expéditeur et destinataires, etc.) sans trouver la moindre anomalie et, après avoir été retenus plusieurs précieuses heures, le transporteur a pu poursuivre son périple.
Il est important de rappeler que le Règlement communautaire (CE) n° 1/2005 du Conseil du 22 décembre 2004, relatif à la protection des animaux pendant le transport et les opérations annexes, adopté par l'ensemble des Etats prévoit à ses articles 31 et 32 l'instauration d'un Comité permanent de la chaîne alimentaire et de la santé animale, qui assiste la Commission, laquelle est chargée d'établir un rapport destiné au Parlement européen et au Conseil afin de les informer sur le bien-être des animaux transportés et sur les courants d'échanges d'animaux vivants dans la Communauté. Ne doutons pas que les associations et fondations qui critiquent les dispositions du Règlement disposent, soit par elles-mêmes en tant que lobbies ou participant aux réunions des "Parties prenantes (Stakeholder)", soit par influence auprès de groupes parlementaires, de moyens d'actions susceptibles de faire évoluer le texte, à la condition que les demandes soient motivées.
Nous le savons, certaines de ces organisations usent de l'affectivité pour tenter de donner consistance à leurs ambitions mais n'hésitent pas à se faire le bras armé de la justice pour dénoncer ces faits supposés ou contestables. Dans cette affaire de Mulhouse, on peut s'étonner du fait que la SPA ait eut en main des documents officiels et que ses représentants aient pu, par eux-mêmes,
Certains médias ont cru devoir reprendre l'information savamment distillée par la SPA en parlant de "traffic légal" *, ce qui est mensonger mais est de nature à induire en erreur un public non averti au moment même où diverses initiatives (rapport Dombreval, proposition de loi n° 3160, décret sur l'expérimentation animale ou de nombreuses pétitions initiées par des personnages médiatiques qui n'ont, ni connaissance du dossier, ni légitimité à agir) viennent brouiller le paysage.
|
Dans un sens académique le mot "trafic" généralement orthographié à l'anglaise en "traffic" qualifie une action clandestine, illégale ou honteuse ce qui, manifestement n'est pas le cas puisque les documents sanitaires et douaniers avaient été transmis aux autorités françaises et espagnoles.
Ainsi, accoler les mots trafic ou traffic et légal revêt d'une supercherie de langage tendant à faire accroire que l'activité de commerce d'animaux ne peut qu'être, immorale. Or, elle est mentionnée à l'article L.214-6-3 du Code rural et de la pêche maritime.
|
Dans leur majorité, les Français ont ceci de particulier :
- ils sont contre les abandons d'animaux, mais n'hésitent pas à les abandonner pour pouvoir partir en vacances,
- ils sont contre la limitation de vitesse à 80 km/h mais plébiscitent le premier ministre qui a imposé cette mesure,
- ils ont un avis sur tout alors qu'ils n'ont aucune connaissance du sujet traité,
- etc
le tout avec une totale méconnaissance des réalités économiques et sociales.
Le 26 octobre 1966, le Général de Gaulle affirmait lors d'une conférence de presse que "la politique ne se fait pas à la corbeille", allusion à la pratique boursière de l'époque, mais assurément elle ne doit pas se faire à l'aune de pétitions permanentes auxquelles ne participent que des personnes peu ou pas concernées - et encouragées à le faire - alors que des enjeux économiques et sociaux sont prégnants. L'histoire nous enseigne ce qui advient à l'occasion de toute prohibition : une économie souterraine que l'Etat ne peut plus contrôler.
Les acquisitions hors du territoire national ne sont pas une volonté délibérée des professionnels, mais une nécessité due à l'inadéquation entre la demande des animaleries, laquelle correspond à celle de leurs clients, et l'offre des éleveurs français voire le refus de certains éleveurs de les fournir.
Je rappelle que ces associations et fondations ont participé ou étaient représentées aux rencontres Animal et société organisées en 2008. Les travaux de ces rencontres avaient abouti à la rédaction du décret n° 2008-871. Aussi, avant toute remise en cause des dispositions réglementaires prises à l'époque et unanimement acceptées, je suggère à ces organisations de faire preuve du zèle nécessaire à combattre toutes les personnes qui, ouvertement, narguent l'Etat.
Les associations et fondations déclarent recevoir des animaux issus d' "achat coup de cœur", raison pour laquelle elles voudraient interdire la vente en animalerie or, les ventes opérées par des professionnels sont soumises aux dispositions du Code rural et de la pêche maritime lesquelles obligent à l'identification des animaux vendus, qui plus est, par des professionnels. Que ces organisations poursuivent les personnes qui abandonnent les animaux en application de l'article 521-1 du Code pénal ce qui, assurément leur fournirait les moyens de subvenir aux besoins des animaux. Or, les demandes de professionnels tendant à s'assurer de la provenance des animaux abandonnés, se sont toujours heurtées à une fin de non recevoir.
Bien entendu, nous ne cautionnons pas les abandons d'animaux mais considérons que l'acte d'abandon ne peux nullement être reproché au vendeur - animalerie ou éleveur, voire au vétérinaire qui suit l'animal -, mais à l'auteur de l'abandon, la qualité du cédant n'intervenant pas dans la décision du détenteur. Dans nos sociétés occidentales les actes individuels priment mais c'est à la justice, et à elle seule, de réprimer les infractions mais nous ne pouvons que déplorer que la tendance actuelle tend à critiquer, à discréditer et à ostraciser tous ceux qui n'acceptent pas les vues des délateurs.