Il semblerait que les services de la préfecture fondent leur jugement, en fait, leur interprétation sur la subtile notion d'ordre public social dans un sens qui arrange les services de l'Etat.
Pour être plus exact, il conviendrait de préciser que, vraisemblablement, certains agents des services de l’Etat (de la préfecture du Maine et Loire), ont estimé que leur « mission citoyenne » était d’user du poids de leur statut de fonctionnaires pour imposer leurs convictions militantes et politiques en matière de réglementation sociale. Ils ont alors invoqué la notion d’ascendance de l’ordre public social pour faire prévaloir l’arrêté préfectoral de 1996, qui leur convenait, au détriment du décret ministériel d’aout 2005, qui heurtait leurs convictions politiques ou syndicales.
Ce faisant, ils se sont exonérés, sans vergogne, d’assurer leurs obligations de service, qui consistent, en premier lieu, à veiller à la bonne application de la règlementation, en s’attribuant, de facto, des prérogatives qui sont celles du législateur et/ou du pouvoir exécutif.
En invoquant des arguties juridiques, les agents de la DIRECCTE, ont créé une situation de conflit des normes et, s’engouffrant dans cette brèche, ils ont généré du contentieux sur le plan social.
A l’heure de la « simplification administrative », ces initiatives intempestives, provoquent de façon artificielle de l’insécurité juridique pour les employeurs. Est-il judicieux, dans le contexte économique actuel de fragiliser nos entreprises ?
Gageons que, en l'état, cette dérive des services déconcentrés de l’Etat n’ira pas dans le sens de la création d’emplois sur ce territoire !!!
Analysons les choses de façon factuelle : l'accord de 1996 a été conclu à la demande des services de l'Etat qui y ont vu un moyen de mettre fin à une situation qui leur paraissait inacceptable alors que de leur côté les représentants des employeurs l'ont signé car il constituait un moindre mal face à la concurrence des établissements du régime agricole, d'autant que l'ouverture dominicale était préservée pour les week-end du printemps, les plus porteurs de chiffre d'affaires.
Saisis par les dirigeants d'une jardinerie qui ont été rappelés à l'ordre par la DIRECCTE, les services départementaux ont organisé cette consultation avec l'a priori de la primauté de l'accord de 1996 sur une disposition réglementaire postérieure.
Nous contestons l'interprétation qui est faite par la DIRECCTE de la situation nouvelle créée par la publication du décret du 2 août 2005. En effet ce décret à modifié les catégories d'établissements visés par la dérogation permanente au repos dominical, dispositions prévues à l'ancien article L.221-9 du Code du travail ancien expressément visées dans l'arrêté d'extension, devenu depuis l'article L.3132-12 et renvoyant à une liste des catégories d'établissements (l'actuel R.3132-5 évoqué plus haut) rendant de fait caduc le fondement même qui a présidé à la conclusion de l'accord de 1996.
De plus, l'organisation patronale signataire de l'accord, le Syndicat des jardineries et graineteries du Maine-et-Loire, créé pour l'occasion semble ne plus avoir d'existence légale, fait qui, au regard de la jurisprudence rend caduc tout accord signé.
Nous voyons dans la consultation organisée le 11 décembre 2014, une manœuvre dilatoire tendant à vouloir interpréter de façon bien restrictive des possibilités offertes par le Code du travail, mettant ainsi certaines entreprises à la merci des concurrents non visés par ledit accord. Rappelons à cette occasion que l'acronyme DIRECCTE signifie Direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l'emploi.
Force est de constater que ces services départementaux, dotés d'un large spectre de compétence, privilégient leur propre vision de l'intérêt des salariés, malgré les garanties de le Convention collective, au détriment des entreprises qui emploient cette main d'œuvre, tout en bafouant la saine concurrence.
En tout état de cause, nous invitons nos ressortissants, qui seraient ennuyés par les tracasseries administratives de la DIRECCTE, à contacter notre service juridique. Nos conseils se feront un plaisir de démonter devant le tribunal administratif, l’application fallacieuse de normes obsolètes. Ainsi, les services de l’Etat accepteront peut-être alors de prendre en compte la jurisprudence qui en découlera…
Espérons que dans sa grande sagesse, le préfet du département pourra statuer rapidement, afin de ne pas davantage pénaliser les entreprises concernées.