
EDITORIAL
Je croyais la délation n'être plus qu'un mauvais souvenir d'une période révolue.
Les professionnels de notre secteur d'activité ont, dans l'ensemble apprécié les informations que, depuis plus d'un mois nous leur fournissons.
Je relatais, il y a quelques jours, le désarroi qui a été le mien, lorsque j'ai constaté que la jardinerie dans laquelle j'achète, habituellement, la nourriture de mon animal de compagnie était fermée pour les rayons autres que l'animalerie. Ce matin même je suis retourné dans cette jardinerie et ai constaté, avec bonheur, que l'ensemble des rayons étaient ouverts. J'ai pu m'en entretenir avec la directrice qui a avoué avoir dû se justifier auprès des services de police, de gendarmerie et, plus grave encore, de la Chambre de commerce qui a une vision très restrictive de l'intérêt de l'Economie nationale alors que ce magasin bénéficiait d'une dérogation en bonne et due forme.
Je souhaite préciser ici que certaines fédérations patronales ont eut des lectures biaisées ou erronées des textes réglementaires, néfastes aux établissements qu'elles prétendent défendre. Dans le même temps, les grandes surfaces, ravies de l'aubaine, n'ont pas hésité à commercialiser ce sur quoi elles n'avaient aucune expertise.
Concernant le toilettage animalier, une préfecture a eu une lecture, tant de l'arrêté du 15 mars que du décret n° 2020-293 du 23 mars 2020, identique à la nôtre, information que nous avons largement diffusée.
De nombreux salons ont suivi notre conseil d'ouvrir et se sont mis en situation de présenter aux autorités qui se présenteraient, éventuellement à eux, l'argumentation susceptible de justifier de leur bon droit.
Nous apprenons ce jour que des autorités exigeraient la fermeture de salons ouverts à la demandes d'un syndicat et d'une confédération, ce qui n'est nullement dans leurs prérogatives.
Il est symptomatique de constater que des confédérations, des fédérations, des syndicats, des ordres professionnels, voire des associations de commerçants aient voulu s'ériger en juristes par interprétations de textes au détriment de leurs propres membres, adhérents ou ressortissants, plutôt que d'en laisser l'appréciation à des fonctionnaires autorisés ou à la justice. Ces appréciations sans voies de recours ne sont pas acceptables en démocratie et il serait vain de considérer in fine, que nous avions eu raison, le désastre ayant été irréversible.
Pour notre part, nous avons saisi les cabinets de membres du Gouvernement ainsi que, faute de réponse, celui du Premier Ministre afin qu'une lecture conforme, sereine et nationale soit donnée, sans délai, que cela concerne l'étendue des rayons ouverts à la vente ou la possibilité d'ouverture du toilettage. Je tiens à préciser que depuis plus de 15 jours, en département, nous avons contesté des décisions individuelles qui frappent certains de nos adhérents. Dans ces courriers je réitère la position que nous avons toujours défendue et recommandé la saisine de la Commission de consultation instaurée par le Gouvernement. Or, force est de constater que, si des mesures de fermeture peuvent être d'effet immédiat, sur la seule appréciation d'un agent de l'Etat, sans recours, l'appel à une autorité supérieure alors que notre lecture serait, manifestement erronée, prend davantage de temps, marque de l'embarras quant à l'interprétation du décret.
Je réitère donc ces principes :
- les animaleries peuvent ouvrir la totalité de leurs rayons,
- les jardineries peuvent ouvrir la totalités de leurs rayons dès lors qu'elles ont un rayon Animalerie. Si des jardineries n'ont pas compris cette faculté, nombreux sont les supermarchés, supérettes et hypermarchés à avoir saisi l'opportunité d'ouvrir ou de développer un rayon Jardinerie.
- les toiletteurs peuvent ouvrir dès lors qu'ils procèdent sur rendez-vous, qui plus est s'ils vendent de la nourriture ou des accessoires pour animaux de compagnie,
Dans tous les cas ces établissements doivent respecter les mesures barrières.
Nous avons adressé aux adhérents qui nous en ont fait la demande, des mémorandums par activité afin de justifier de leur bon droit.
Si un désaccord devait subsister je vous encourage à nous joindre en présence de ces autorités et à contester toute interprétation qui n'irait pas dans votre sens.
De même, vous n'entamerez aucune discussion avec un concurrent ou un quidam qui contesterait votre bon droit.
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Luc LADONNE (*)
Président du SYNAPSES
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