
EDITORIAL
Alors que nos ministres encouragent à une reprise des activités professionnelles lorsqu'elles sont possibles ou autorisées - sous condition, bien entendu, du respect des mesures-barrières - preuve est de constater que les médias, qui véhiculent une vision apocalyptique de la situation, ne font rien pour faciliter les choses, voilà que, à l'échelon local, certaines administrations sont tentées d'élaborer des lois par une interprétation scandaleuse des textes en vigueur.
A l'origine de ce barnum, chaque journaliste, chaque éditorialiste, chaque médecin, chaque Français se pose en juriste ou en épidémiologiste. Comment dans ces conditions s'étonner que sur 67 millions d'habitants nous n'ayons pas des divergences d'interprétation ?
Commerce de détail
Concernant les jardineries, les réponses apportées par le gouvernement les 1er et 5 avril 2020 confirment ce que nous expliquions depuis de 15 mars 2020.
J'ai été informé que certaines DD(CS)PP donnaient injonction à des animaleries de ne commercialiser que "produits essentiels", alors que ce terme n'apparaît à aucun moment, ni dans le décret n° 2020-293 ni dans l'arrêté du 15 mars 2020. Bien entendu, nous avons tenu la plume de nos adhérents pour répondre à ces services. Je tiens à préciser que l'ensemble des DDPP et DDCSPP qui ne se sont pas désabonnées de nos newsletters en sont destinataires et que 50 de ces services ont au moins cliqué sur les liens concernés, ainsi que 6 Préfets et 8 Secrétaires-généraux des Préfectures, sans qu'aucune remarque ne nous ait été faite à ce sujet alors, que par le passé, certains interlocuteurs n'ont pas hésité à se manifester en certaines occasions.
Nul doute qu'après un minimum de réflexion ces demandes aberrantes seront abandonnées.
Services de toilettage
Le SYNAPSES a largement communiqué auprès des quelque 13.000 destinataires de ses newsletters ainsi que sur les réseaux sociaux et, singulièrement dans des groupes spécialement consacrés au toilettage. Manifestement, ces groupes étaient infiltrés par des personnes qui semblent s'accorder à la situation de quasi chômage imposé aux artisans dans l'espoir d'une indemnisation hypothétique dont tous les Français en paieront le prix, tôt ou tard. Mais comme le dit le proverbe "on ne saurait faire boire un âne qui n’a pas soif."
Au-delà des justifications que nous avons fournies à ces professionnels au fil de nos articles, nous avons continué à tenter d'améliorer cette argumentation, apparemment insuffisante. C'est ainsi que nous sommes parvenus sur le portail des Chambres des Métiers et de l'Artisanat et à la lecture d'une page de questions/réponses lu, de la bouche même de la Secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Economie et des Finances, Agnès Pannier-Runacher, le commentaire qui donne sens à ce que nous affirmons.
Ainsi, alors que la Secrétaire d'Etat est questionnée au sujet des salons de coiffure, voici la réponse fournie :
| Lors du Facebook live du 17 mars à 38 minutes 40 secondes, la secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’Economie et des Finances, Agnès Pannier-Runacher a déclaré que « les salons de coiffure sont considérés comme des établissements recevant du public et ils ont été fermés. (…) pour la santé des coiffeurs (…) il est plus responsable d’interrompre quelques semaines [cette] activité car c’est typiquement une activité où vous ne pouvez pas être à une distance d‘un mètre de votre client. (…). Il parait délicat, compte tenu du mode de fonctionnement de cette activité, de donner des garanties que [le port d'un masque] coupe cette possibilité de transmission, ce n'est pas le cas d'autres activités, mais sur la coiffure, c'est délicat ». |
Il ressort de cette intervention des ministres que la notion d'accueil du public doit être interprétée. Ainsi, les activités pour lesquelles une prise de rendez-vous est de rigueur échappe de facto à l'interdiction dès lors que la distanciation sociale est respectée.
En réponse à sa demande, un toiletteur a obtenu de sa Chambre des métiers et de l'artisanat la réponse suivante :
Nous ne savions pas que CMA France ou le SNPCC étaient devenus des législateurs, tout au plus peuvent-ils émettre un avis et ont le droit de se tromper, mais ils n'ont pas le droit de tromper les professionnels qu'ils sont sensés défendre. Mais qui sont ces organisations ? A défaut de procéder à une analyse sérieuse, ont-elles au moins questionné l'administration à ce sujet ? Encore faudrait-il, si elles décidaient de le faire, qu'elles ne fassent pas état de leur position mais ne fassent qu'obtenir une explication des textes publiés !
Aussi, en conclusion, j'affirme à nouveau que les toiletteurs, dès lors qu'ils respectent les mesures-barrières, peuvent poursuivre leur activité, que le salon soit en ville ou intégré à une animalerie ou une jardinerie. Je n'accepte pas qu'on puisse me rétorquer, comme cela l'a été, que la position que nous défendons n'est pas citoyenne.
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Luc LADONNE (*)
Président du SYNAPSES
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